19.02.2010

Sommes nous directement liés à la faim dans le monde ?

La transition alimentaire (ou nutritionnelle) se passe quand une partie des populations pauvres ont des revenus qui augmentent et consomment davantage de produits végétaux. Si l’enrichissement se poursuit, elles se mettent à consommer bien davantage de protéines d’origine animale ; œufs, viandes de volailles et/ou de porc, lait, en fonction des civilisations.

Pour produire ces protéines, on développe des élevages de granivores, de volailles et de porcs.

Pour produire 1 kg de poulet bas de gamme dans un élevage intensif, on a besoin de 2 kg d’aliments : blé, maïs, tourteaux oléagineux comme le soja.

Pour les porcins, il faut consommer 3 à 4 kg d’aliments pour produire 1 kg de viande.

Un boeuf fournit environ 200 kg de viande (1 500 repas), les céréales qui servent à le nourrir permettraient de servir 18 000 repas. La viande de bœuf produite avec des céréales cultivées sur 1000 m2 nourrit un homme pendant 19 jours. Une surface équivalente, cultivée en soja, nourrit un homme pendant 217 jours ! Pour produire un kilo de protéines animales, il faut 6 fois plus de terre que pour produire un kilo de protéines de soja.

Selon Lester Brown, il faut 2, 5 quintaux de maïs pour faire le plein d’un 4/4 soit 100 litres. Avec la même quantité de maïs, on nourrit un paysan mexicain (mal) pendant un an. Manger ou conduire, il faut choisir ...

Si on veut éradiquer la malnutrition, EN CONTINUANT A CONSOMMER DE LA PROTEINE ANIMALE, il faudrait produire 4 milliards de tonnes en 2050 ! C’est quasiment impossible.

Si l’agriculture intensive a réussi à nourrir davantage de monde, c’est à cause de l’accroissement des rendements avec les OGM. S' il y a accroissement des superficies cultivées ce sera essentiellement au détriment des forêts tropicales, des ethnies qui y vivent et des animaux.

N'est-il pas paradoxal que le Brésil souffre de la faim -- selon la FAO, 16,7 millions de personnes en sont affectées -- alors qu'il est l'un des principaux exportateurs de produits agricoles tels que le soja, le sucre ou le café ?

faim.jpgDans beaucoup de pays, le succès de l'agriculture a été catastrophique pour les populations rurales pauvres. Les pays industriels ont absorbé l'excédent de la population rurale dans d'autres secteurs économiques. Cela a débouché sur des fermes plus grandes et sur des économies d'échelle. Mais dans la plupart des pays en développement, les fermes se sont morcelées davantage et l'exode rural a accru la pauvreté. Les plus vulnérables sont aujourd'hui les petits fermiers et les populations ayant fui les campagnes.

Limiter la consommation de viande dans les pays riches peut figurer parmi les solutions, mais il y a aussi le choix de la souveraineté alimentaire :

Elle répond au besoin fondamental de s'alimenter et au droit des peuples à l'alimentation.

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  • Elle donne priorité à la production locale d'aliments et favorise les circuits courts pour leur transport.
  • Elle permet aux agriculteurs Français et du monde d'aspirer à de meilleures conditions de vie en obtenant une juste rétribution pour le fruit de leur labeur.
  • Elle encourage les fermes familiales et à dimension humaine, et reconnaît l'importance d'un juste partage des profits entre les différents intervenants de l'alimentation.
  • Elle permet aux pays de se protéger - notamment en fixant des tarifs aux frontières - contre le dumping et la concurrence déloyale des États qui subventionnent à outrance leur agriculture.
  • Elle permet un meilleur contrôle des aliments que l'on consomme.

Pour participer à la souveraineté alimentaire, nous devons :

  1. Acheter des aliments produits localement
  2. Directement auprès des agriculteurs
  3. Sur les marchés
  4. Dans les réseaux AMAP, Marchés Paysans, etc ...
  5. Aller dans les restaurants et chez les traiteurs qui favorisent les productions locales
  6. Utiliser notre pouvoir de citoyen-consom'acteur

Choisissons la souveraineté alimentaire comme moteur.

Source principale : Cafés Géographiques


 

 

 

 

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